8 juin 2008

Les Limaces


Avec le retour d’un temps bien plus pluvieux que celui du joli mois de mai passé, une menace rampante sourde pour tous les jardiniers : les limaces ! Vous aussi, jardinier ou pas, vous avez sûrement entendu ces derniers jours des lamentations sur ces gastéropodes mous, qui sont accusés ni plus ni moins de mettre en péril la récolte annuelle de salades, courgettes et consorts, et partant, jusqu’à amplifier la crise alimentaire mondiale et la hausse des prix des matières premières.

Je coupe court tout de suite à ces accusations calomnieuses et infondées ! Oui, en tant que jardinier, j’ose affirmer haut et fort que, non, les limaces ne sont pas ces êtres maléfiques que nous dépeignent avec tant de haine les malheureux qui ont vu leur salade perdre trois feuilles la nuit passée. Bien sûr les limaces adorent tout ce qui est bon et beau comme les salades, courges, oignons, tomates, tagètes, tournesols, bettes et j’en passe. Bien sûr nous avons tous subi un jour, dépité, la perte de petites plantules repiquées ou semées avec amour. Bien sûr ces bestioles vont même jusqu’à dévorer par temps très pluvieux jusqu’aux robustes oignons, pommes de terre et mêmes certains arbustes. Bien sûr, on ne sait toujours pas à quoi elles servent (comme les filles d’après Calvin |1|.

). Mais sur l’échelle d’une saison et d’un potager, les limaces ne sont pas ce tsunami tant décrié. Tolérer des pertes dans le potager est un principe de base et il suffit d’ailleurs de prévoir l’impôt perçus par les gastéropodes lors des semis ou repiquages pour éviter d’avoir de mauvaises surprises.

Par ailleurs, des mesures simples d’évitement existent, comme les barrières physiques de bouteilles ou de saut en plastique retournés, qui protégeront en outre des mauvais orages. La bière est aussi un produit bien utile pour détourner, par leur vice caché, ces végétariennes qui ne boivent pas que de l’eau. Enfin, bref, des tas d’alternatives existent face aux fameux granulés bleus anti-limaces qui risquent d’empoisonner hérissons et oiseaux (j’en utilise aussi, je ne dis pas…). La meilleure façon de faire face aux limaces, c’est encore de tolérer les pertes et de se dire que la plante s’en sort souvent. Et que dans quelques semaines, quand les potirons élanceront fièrement leurs feuilles vers le soleil, ils auront gagné face à elles de par leur taille et leur vigueur, et que les limaces n’auront plus qu’à se contenter de malheureuses plantules de mauvaises herbes. Et que le jardin reste un plaisir avant tout !



|1| Les filles, c'est comme les limaces. Elles doivent bien servir à quelque chose, mais à quoi? Calvin & Hobbes